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Un accord ADEME - BRGM pour le développement de la géothermie et de l’économie circulaire

Réaliser les atlas des aquifères superficiels ainsi que des cartes relatives à la géothermie, faciliter l'insertion de la géothermie dans le bâtiment neuf ou rénové, assurer son développement, étudier la criticité des matières dans les domaines de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables... Tels sont quelques projets du nouvel accord ADEME - BRGM.

Venant de renouveler leur accord-cadre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont en particulier ciblé la géothermie et l’économie circulaire comme sujets prioritaires de leur coopération pour les années à venir. Cette collaboration doit principalement se traduire par des projets d'études et de recherches, par des expertises en soutien à l'action publique, par une coopération internationale, ou encore par des actions de formation et d'information.

Identifier et valoriser la ressource géothermique, structurer la filière, et maîtriser les impacts de son activité

Concernant la géothermie, l’accord porte tout à la fois sur la géothermie assistée par pompe à chaleur, sur les usages directs de la chaleur issue de la géothermie profonde, sur la production d'électricité et la cogénération, ainsi que sur le stockage d'énergie. Pour parvenir à leur fin, l’ADEME et le BRGM ont élaboré une feuille de route détaillant des axes de développement ciblés pour chaque type de géothermie.

Connaissance, innovation, formation, réglementation... Pour les deux instituts, la priorité est “d'identifier et de valoriser la ressource, de structurer la filière, et de maîtriser les impacts de cette activité”. Entre autres exemples d’actions identifiées: réaliser les atlas des aquifères superficiels et les cartes relatives à la géothermie dite “de minime importance” (qui n'a pas d'incidence significative sur l'environnement), faciliter l'insertion de la géothermie dans le bâtiment neuf ou rénové.

Des actions internationales doivent également être menées pour que la géothermie française puisse s'exporter et pour “la coopération internationale en Afrique, en Asie et en Amérique Latine”, par exemple dans le cadre de l'initiative des Nations unies intitulée Energie pour tous, www.se4all.org.

Géothermie profonde: développement du « système géothermal stimulé » ou EGS (Enhanced Geothermal System)

Lors de leur précédent accord-cadre, en 2008, l’ADEME et le BRGM avaient déjà défini quatre axes stratégiques: promouvoir la chaleur géothermique en métropole; développer la géothermie comme source de production d’électricité dans les DROM-COM insulaires; aider à structurer une offre française de biens et services pour l’exportation; valider le concept des EGS (Enhanced Geothermal System, également appelé système géothermal stimulé ou géothermie profonde des réservoirs fracturés) via le pilote scientifique de Soultz-sous-Forêts (Bas-Rhin) -le « système géothermal stimulé » consistant à utiliser comme fluide caloporteur certaines circulations d’eau à travers les failles souterraines.

Depuis, une association nationale, l’Association française des professionnels de la géothermie (AFPG) a notamment été créée pour accroître l’exploitation des ressources géothermiques. Elle se positionne comme “le partenaire professionnel incontournable et l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics pour la géothermie”. L’AFPG est organisée en trois filières: haute énergie (géothermie profonde des réservoirs fracturés), usage direct de la chaleur (température des ressources entre 30 et 90°C) , géothermie assistée par pompes à chaleur (température des ressources inférieures à 30°C), avec les PAC individuelles et collectives.

Des projets de centrales électriques géothermiques en Alsace, en Auvergne, en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion...

Pour 2020, les objectifs de la filière issus du Grenelle de l’Environnement sont de 600 000 tonnes équivalent pétrole (tep) pour les pompes à chaleur géothermiques individuelles, de 250 000 tep pour la géothermie “intermédiaire” (champs de sondes, pompes à chaleur sur nappe pour les bâtiments collectifs et à usage tertiaire, fondations thermoactives...); de 500 000 tep pour la géothermie profonde (réseaux de chaleur) et de 80 MW pour la géothermie électrique.

En 2010-2011, la géothermie employait plus de 4 000 personnes, concernait 450 000 logements et assurait 3,4% de la production française de chaleur d’origine renouvelable avec 4 150 GWh (440 000 tonnes équivalent pétrole substituées). Il existait par ailleurs deux centrales électriques géothermiques de 17,5 MW de puissance (centrales Bouillante en Guadeloupe et de Soultz-sous-Forêts, en Alsace). D’ici 2025, de nouvelles installations sont espérées en Alsace, en Auvergne, dans le bassin rhodanien et dans le Sud-Ouest, en Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion...

Concernant l’économie circulaire, l’accord entre l’ADEME et le BRGM cible la gestion efficace des matières. L’attention des scientifiques doit notamment se concentrer sur la criticité des matières dans les domaines de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables, sur la valorisation des déchets et sur les outils d'évaluation environnementale comme l'ACV (analyse du cycle de vie).

Enfin, la gestion des sites, sols et sédiments pollués, fait également partie des priorités de l’ADEME et du BRGM qui veulent étudier les bio indicateurs des polluants ainsi que les “mécanismes environnementaux qui contrôlent l'émission et la mobilité des polluants dans les déchets, les sols, les sédiments et les eaux souterraines”.

Tag(s) : #géothermie
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